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Marielle Degioanni

France >

ART TO BE GALLERY > Stand E30

Marielle Degioanni réalise de délicates petites visions intimes et surréelles où le corps féminin s’hybride au règne animal ou végétal. Parfois une masse noire étrange, là un amas de cheveux ici des plumes de corbeaux, recouvre des personnages ou laisse s’extirper une fine main de femme, au rose tendre. « Ce dessin constitue une figure mi-sauvage mi-précieuse, à la fois comme coupée en deux et une, car l’on ne sait dire si le bras s’échappe ou s’il n’est que le prolongement, une partie ‘autre’, de cette masse animale, ou l’inverse. Il s’agit d’une association ambivalente, brutale et délicate à la fois ». Vision ambivalente de la féminité dans laquelle s’imbriquent la séduction et la répulsion, la peur et la fascination, le mouvement de vie et l’inertie funèbre, le visible et le caché.

"La pratique du dessin représente ce qu’il y a de plus vibrant et sensible à mes yeux, c’est pourquoi je travaille essentiellement sur papier que j’exploite comme une surface sensible, une peau. Dessiner est une activité qui s’inscrit dans le courant de ma vie de manière naturelle et relève d’une forme spirituelle d’accomplissement, une quête d’absolu à la fois esthétique, philosophique et sensorielle. Je privilégie des outils irréversibles : stylo bille, aiguille, carbone...mêlés à l’aquarelle. Le désir, la perte, l’absence et l’idée de renaissance sont des thématiques qui se retrouvent dans mes dessins et les relient entre eux ; toutefois, il n’y a pas de préméditation dans mon processus créatif, mon travail est intuitif et mes dessins, à la fois réalistes, surréalistes et oniriques, sont le résultat d’un contenu interne mêlant fantasmes et objets réels qui trouvent à exister sur, dans ou parfois à travers le papier. Ayant grandi auprès de la nature, j’ai eu la chance d’observer et apprendre les noms des espèces sauvages. Cet enseignement m’a aussi permis de considérer le végétal au-delà de son apparente inertie ; j’y vois ce qui est invisible, le souffle de la vie, la dimension cosmique de l’existence. Animal, végétal et minéral tiennent donc une place importante dans mes dessins et nourrissent une réflexion sur l’idée du vivant au-delà de l’illusion de la chair. Depuis deux ans, mes dessins intègrent des représentations du corps féminin comme une entité à partir de laquelle le désir et le vide s’incorporent et se côtoient. L’ensemble de mon travail est épuré et les sujets solitaires, souvent dépouillés de décor, nus, crus au milieu et dévoilés sans retenue, sont dans une dynamique graphique de l’apparaître. Ce vide avec lequel je travaille dans mes dessins de manière instinctive et les références symboliques fortuites ont récemment trouvé un écho influent dans les lectures de F. Cheng, H. Maldiney et C. G. Jung."