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Daniel Airam

France > 1958

AU-DELÀ DES APPARENCES > Stand E36

« Si la persistance de la pratique du graffiti incisé le plus souvent sur l’enduit d’un mur ou l’écorce d’un arbre ne cesse de m’étonner, l’immuable beauté du portrait flamand et de son océan de visages m’enchante tout autant. L’ironie suggérée, il sera temps de remarquer que ce qui les unit relève bien d’un même registre, celui d’un ensemble de milliers d’existences anonymes secrétant une égale délectation pour leur propre singularité. Nés tous deux d’un système quasi mécanique, codifié, inlassablement recommencé, leur incroyable présence traverse pourtant le temps ; néanmoins, revendiquant pour l’un son aspect populaire et pour l’autre son appartenance à une aristocratie assumée, force est de constater qu’une fonction mémorielle commune les rassemble telle une identique référence.
Pratiquant ouvertement l’idée d’une histoire de l’art au cœur de ma production artistique, l’usage du vernis s’est imposé, celui-ci apportant brillance et dureté à la peinture. En fait, le fameux « éclat » dont parlait Van Eyck, cet éclat proche du verre, du vitrail, proche aussi d’un épiderme censé protéger un monde organique et fragile.
La peinture est une chambre hermétique dans laquelle se débat une suite d’interventions singulières, de choix contradictoires et d’hésitations heureuses.
Dans le vertige du monde où tout vacille, où il n’est plus de modèle fiable, l’image opposera t-elle encore sa capacité d’éblouir, son pouvoir d’être, pour enfin exister telle qu’elle se conçoit ?
Tel est le fond de mon travail. L’art pariétal, cet art dit des cavernes, reste à mes yeux la rencontre la plus forte. Peut-être par le silence qui l’enveloppe, celui qui rend impossible toute explication.
Voir, regarder, observer, admirer".
Daniel Airam