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Corinne Héraud

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GALERIE COURCELLES ART CONTEMPORAIN > Stand F18

Corinne Héraud a le physique de ses héroïnes, brune aux cheveux longs, elle semble sortie d’une de ses œuvres. Elle s’est lancée dans la photographie en 2001, à l’âge de 30 ans, en découvrant les possibilités inouïes du polaroïd, « un coup de foudre » dit-elle. Autodidacte revendiquée, elle nourrit son travail d’accumulations cinématographiques, de peintures de Jérôme Bosch au Caravage, de ce qu’elle appelle « ses instantanés esthétiques » et de sa propre histoire.
Dans toutes ces séries de visages de femmes, Corinne se penche sur l’identité, l’image et la solitude : « Je mène un travail sur un questionnement plus introspectif en creusant au cœur de notre nature humaine » explique-t-elle. Il y a dans le travail photographique de Corinne Héraud les ingrédients de la beauté même, du sacré, de l'étrange, du mythe, de la magie, de l'icône, du fantastique, de la nostalgie, de la sensualité, de l’ambiguïté aussi. Ses Icônes cathodiques, ses Âmes silencieuses, ses Traces et ses Miroirs secrets ont un caractère de fascination et d'attraction. Les contrastes sont saturés, les flous rendent imperceptibles les traits des caractères. Ces images oscillent entre nostalgie et contemporanéité.
« J’ai pris des visages de femmes assises derrière le présentateur et les chroniqueurs dans les talk-shows » explique l’artiste, « Je veux donner une existence à celles qui servent de décor dans des émissions de télévision et les sortir ainsi de l’anonymat et de l’absurdité du décor ».
Sa référence revendiquée : le pictorialisme. Ce mouvement, typique de la Belle Epoque, théorisé en France par le maître en la matière Robert Demachy, visait à faire de la photographie un art qui nécessite l’intervention humaine.
A l’instar de la lumière qui a besoin de l’obscurité pour se révéler, les auras émergent de l’ombre. Subtilement mêlées aux portraits dont elles surgissent, elles dévoilent l’autre, celui qui reste caché derrière le masque des apparences. Les frontières disparaissent entre le sujet et son aura, si bien qu’il n’est plus possible de discerner l’un de l’autre. Les auras s’emparent de l’espace et le mystère de leur présence nous interroge sur ce que chacun donne à voir, ce qu’il cache mais aussi sur ce qu’il se cache à lui-même. Cette série d’images entre dans la démarche entreprise depuis 2010 et dont l’objet est de « capter » sur la télévision les membres du public des talk-shows. Ces invisibles deviennent les protagonistes inattendus et paradoxaux de la quête de Corinne Héraud visant à creuser dans les parcelles de ce qui constitue notre identité.
Technique : photographie (transferts pigmentaires sur papier aquarelle) et technique mixte sur châssis bois, assemblés pour les polyptyques.
Lien vers le film intitulé « Portraits intimes », Corinne Héraud :
https://www.youtube.com/watch?v=wSP6h01fkeg