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Marion Tivital

> 1960

DUFOIS > Stand E12

Dans sa création enchantée, dans les paysages d’une modernité enfin habitable, Marion Tivital fait respirer l’étendue. A coups de fabuleux vertiges d’espace. A coups retenus de formes adoucies, et de chromatique assourdie et délicate. De mystères latents et d’insaisissables surgissements. On voit au loin, au bord de l’horizon, des blocs d’architecture, déserts et désertés. Rien ne se passe plus. Tout est passé au profond. Tous les dehors aigus du monde ont disparu. Profondeur enfoncée dans la profondeur…. L’univers subtil de Marion Tivital prend sa source dans les marques souterraines du dedans. Et dans l’ivresse éternisée de l’immobile, nature et architecture fusionnées vivent les secrets de l’impossible plénitude.

Marion Tivital ignore la violence pulsionnelle, gestuelle et chromatique, qui répond durement aux surfaces fabriquées des écrans contemporains. Elle ose la sensibilité la plus vive et la plus rare. Elle laisse sourdre les mesures exactes d’un monde qui n’existe pas, qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais. Enigme de l’étendue qui s’étend sans limite. Tout est là, et en même temps, tout a eu lieu. Fusion de l’espace et du temps, de la peinture et de l’affect intime. Le temps de ces étendues envoûtées est temps d’oubli, suspendu, sans pesanteur et hors durée. Empreintes-étreintes du temps.

Marion Tivital voile de souterraine mélancolie les affres de la réalité, les blessures des apparences . La brutalité colorée, comme le sang, s’est retirée. Dans l’effacement des plaies mondaines, elle enregistre une lente gestation d’univers, une possible espérance.

Christian Noorbergen