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MÉTAMORPHOSE > Stand D38

J’ai patienté – certains diront peut-être tardé – avant de devenir sculpteur à plein temps. Ce n’est qu’en 2010, à l’âge de 42 ans, que je décide d’exercer ce métier passion. Avant cela ? Disons que j’ai passé les vingt années précédentes à parcourir le monde et à me nourrir de belles rencontres. Ici, là-bas, et surtout ailleurs…
 
Mes pièces sont le plus souvent de terre et d'émaux. Au fil des années, la céramique a en effet pris progressivement le pas sur d'autres média tels que le bois, le fer et la pierre. Je crois que c'est l'infinité des possibles qu'elle offre qui explique cette évolution. Peut être aussi car la céramique est sans doute la seule discipline alliant les quatre éléments : la terre que l’on pétrit, l’eau qui l’attendrit, l’air qui la sèche, et le feu qui la cuit.
  Mes sculptures sont généralement abstraites mais cependant évocatrices des valeurs auxquelles je crois : la tolérance, la paix et l’amour. Le tout relevé d’un petit grain de folie et un zeste d’impertinence !
Une fois cuites et émaillées, mes pièces sont le plus souvent soclées sur des plaques d'acier, matière dont j'apprécie tout particulièrement la sobriété et les infinies nuances anthracite. Elles se présentent alors à la verticale, telles des tableaux.
 
Je ne fais jamais de croquis préalable. Je ne couche pas non plus sur papier ou sur support numériques mes intentions. C’est à peine si je pressens, par l’instinct plus que par la raison, que « quelque chose » doit advenir. Ce quelque chose que les maîtres Kandinsky et Klee aurait qualifié, bien avant et mieux que moi, d’ « impérieuse nécessité » qui « préexiste à son auteur ».
 
Dans ce processus créatif, je tente de faire la part belle à la surprise et même à l’accident. N’étant pas le prisonnier d’intentions préalables conscientes, j’essaie d’accueillir l’imprévu tel qu’il se manifeste et ce qui émerge me nourrit souvent bien plus que ce qui est planifié, ordonnancé, calculé et attendu. C’est aussi cette démarche qui m’a permis de faire mes plus belles découvertes : ici, une surépaisseur d’émail, là une terre craquelée car ayant séché trop vite, une température de cuisson non standard, etc…
 
Il n'est pas rare, qu'une fois achevée, une œuvre me murmure à l'oreille un conseil, une leçon, une pensée. Ce n'est pas ma tête qui pense et mes mains qui exécutent. Ces sont mes mains qui pensent et mon cœur qui écoute. Et ce qu’il entend, je le transcris avec des mots.
L’émail, les mots…
 
Bienvenue donc dans mon monde imaginaire où s'entremêlent rêves et matières. Le monde où je vis. Un monde où l’œuvre d’art devient le prétexte et le témoin d'une rencontre, notre rencontre, ici et maintenant. Et si nous décidions, vous et moi, de ne retenir de l’art, non l’objet, mais un voyage, un voyage plutôt qu’une destination, un voyage que symboliserait une aile. Un voyage et un lien, aux allures d’apostrophe, qui nous relient désormais ?
Ne retenir de l’art que son aile et son apostrophe.